Ce qu'ils sont, par quoi ils sont passés, tout est possible

Il court il court le furet, il est passé par ici, il repassera par là…

Florence Godefroy, Infirmière en promotion de la santé et CPEF

florenceFlorence Godefroy

49 ans

Infirmière en promotion de la santé dans un Espace Santé Jeune & infirmière en CPEF (Centre de Planning et d’Education Familiale) – depuis 5 ans à Nanterre.

Le métier de ses rêves ? : Pédiatre. Ou infirmière dans l’humanitaire. Ou bien encore infirmière en promotion de la santé !

Parcours académique :

-Lycée : Filière D* (SMS* aujourd’hui)

-1 mois avant le bac : abandon du lycée (pour partir de chez moi) alors que j’avais 18 ans et employée comme vendeuse dans un magasin de porcelaine pour subvenir à mes besoins.

-Concours d’École d’Infirmière (à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers) l’année de la terminale : 1 à Paris, l’autre à Périgueux. J’ai été classée à la 8ème place à Périgueux, j’ai attendu de voir si il y avait des désistements et c’est comme ça que j’ai été prise.

-École d’infirmière à Périgueux (3 ans) : J’étais boursière et je faisais du baby-sitting pour subvenir à mes besoins. A la fin j’ai obtenu mon Diplôme d’État d’infirmière.

Que s’est-il passé une fois votre diplôme en poche ?

En attendant les résultats j’ai d’abord fait un boulot d’aide-soignante dans la clinique où j’ai passé mon diplôme. Dès que j’ai obtenu mon diplôme j’ai été embauchée comme infirmière dans le service d’orthopédie, où je l’avais passé. J’y suis restée environ un an et demi.

Comment êtes-vous passée d’infirmière dans un service d’orthopédie à infirmière en promotion de la santé ?

Après mon poste à la clinique, j’ai eu envie de bouger. Je me suis donc inscrite dans des agences d’intérim.

A 25 ans, je suis allée à Paris où j’ai continué l’intérim. Je me suis plu dans le service de chirurgie vasculaire et cardio-thoracique de la Clinique du Parc Monceau où j’ai travaillé. Ils manquaient d’infirmières, j’y suis donc restée.

Puis je suis tombée enceinte à 26 ans. J’ai arrêté de travailler pour ma grossesse et pour élever ma fille jusqu’à ses trois ans.

Ensuite pour retrouver du travail j’ai fait du porte-à-porte en prenant mon temps. Je suis allée me présenter spontanément au Centre Médical de Santé de Nanterre, et il se trouve qu’ils recherchaient justement une infirmière.  Mon entretien s’est très bien déroulé et j’ai été embauchée.

Au bout de 6ans et demi, j’ai passé le concours de l’Éducation Nationale, que j’ai réussi. J’ai été infirmière scolaire pendant 7 ans et demi à l’Éducation Nationale : 3 ans et demi au lycée Joliot Curie à Nanterre et 4 ans pendant lesquels je partageais mon temps dans deux collèges de Rueil-Malmaison (Henri Dunant et La Malmaison).

J’avais fait le tour de cette branche et j’ai appris qu’il y avait un poste qui se libérait au Centre Médico-Sportif de Nanterre. J’ai postulé et été embauchée. Ça ne m’a pas plu, le poste ne correspondait pas à ce que je recherchais. C’était trop routinier, trop répétitif, et je manquais beaucoup de relationnel. Je n’y suis donc restée que 9 mois.

Toujours au sein de la Mairie de Nanterre, j’ai postulé pour un poste à l’Espace Santé Jeunes, pour lequel j’ai été retenue grâce à mon parcours au sein de l’Éducation Nationale. J’y travaille toujours, en partageant mon temps avec le Planning Familial, car le poste est fait de telle façon.

Le métier que vous exercez aujourd’hui est-il le métier qui vous aviez choisi quand vous êtes entrée en école d’infirmière ?

Oui. Je suis très contente de faire ce que je fais aujourd’hui. Quand j’ai décidé d’être infirmière c’était exactement ce à quoi je pensais. J’ai réussi à atteindre ce dont je rêvais en tant qu’infirmière. C’est vrai que j’aurais aussi voulu faire de l’humanitaire, mais je n’en ai pas encore eu l’occasion.

Vous vous plaisez donc toujours dans votre métier ?

Plus que jamais ! Je m’y plais énormément.

Envisagez-vous tout de même d’en changer un jour ?

A court terme non.

A long terme pas tout à fait non plus, dans le sens où je n’aimerais pas vraiment en changer, mais au moins faire une mission humanitaire dans ma vie. Je ne sais pas si ce sera possible et si j’y arriverais un jour ou non. Mais j’y pense, et si j’y arrivais, j’aurais fait tout ce à quoi je tenais professionnellement.

Pensez-vous que vous pourriez opérer une totale réorientation professionnelle ?

Non, je ne pense pas. Pas avec ma formation.

Où vous voyez-vous professionnellement dans 10 ans ?

Là où je suis. Si mon métier continue d’être en perpétuellement changement, de toujours être dans l’innovation, ça me convient parfaitement.

Quels sont les capacités particulières que requiert votre métier ?

Le sens de l’accueil et de l’écoute est très important, l’empathie, l’envie d’aider les autres, un certain sens de la psychologie humaine. Il faut aussi avoir le goût du travail, ne pas avoir peur de se remettre en question, savoir travailler en équipe, et aimer transmettre et partager. Et de la passion, évidemment.

Quels sont les avantages de votre métier actuel ?

Je suis employée municipale donc j’ai la sécurité de l’emploi. Je travaille dans la ville où j’habite, ce qui veut dire que je me rend au travail à pieds, en 10min, et que je connais les gens.

J’ai la chance d’avoir une très bonne ambiance dans mes équipes à l’ESJ et au Planning Familial. On s’entend bien, on est solidaires et on partage énormément sur différents sujets, on est très complices. C’est un avantage indéniable.

J’ai aussi de très bons horaires, très souples. Je fais 35h par semaine et je ne travaille pas le week-end, je ne fais aucune garde. C’est incroyable pour une infirmière !

Et quels en sont les inconvénients ?

Le salaire, que je ne trouve pas en adéquation avec le travail que je fournis et mon expérience professionnelle. Il peut également s’avérer compliqué de prévoir ses congés à l’avance parce que je travaille en équipe et que les plannings sont difficiles à faire.

Le travail est également très dense, et le temps nous manque souvent. Que les commandes institutionnelles arrivent tard, que certains projets demandent une préparation importante, qu’un membre de notre équipe soit absent, ou encore que nous n’ayons jamais le temps de faire de vraies pauses au cours de la journée, nous sommes souvent débordés !! C’est dommage, car j’aimerais avoir davantage de temps pour préparer de nouveaux projets ou innover dans mes actions de promotion de la santé.

Comment se déroule une journée-type ?

Il n’y en a pas !  Surtout que je suis sur deux postes !

Le lundi matin, c’est réunion d’équipe. L’après-midi c’est intervention auprès d’un public de jeunes de 12 à 25 ans. Ce sont des actions d’éducation à la santé sur la vie relationnelle, affective et sexuelle.

Le mardi c’est la même chose, ou alors préparation ou évaluation d’interventions.

Le mercredi je fais de l’accueil à l’Espace Santé Jeunes toute la journée.

Le jeudi et le vendredi après-midi je travaille au Planning Familial. Les 4h premières heures sont très dynamiques. Je fais de l’accueil, de l’écoute et de l’information auprès des jeunes, mais je prépare aussi les consultations, je m’occupe de la réception des commandes, de la préparation du cabinet médical, de la préparation des dossiers, des coups de fil à passer au labo ou autre, de la stérilisation. Et les 3h qui suivent sont dévolues aux consultations gynécologiques.

Il y a-t-il eu des moments particulièrement mémorables dans votre parcours ?

Quand j’étais infirmière scolaire au lycée Joliot-Curie, une de mes actions de prévention de lutte contre le tabagisme, avec un comité de lutte contre les maladies respiratoires, a fait l’objet d’un article. Un journaliste du quotidien Le Parisien était venu assister au déroulement de l’intervention et a publié un article sur mon travail.

J’ai également été interviewée pour les Cahiers Pédagogiques sur le rôle de l’infirmière scolaire dans un établissement de 2000 élèves et les difficultés qu’elle peut rencontrer.

Des moments vraiment difficiles ?

Il est arrivé qu’il y ait des problèmes relationnels au sein de certaines équipes, et c’était très dur à vivre. Les relations dans les équipes jouent un rôle extrêmement important dans le bien-être au travail, et des mésententes peuvent vraiment causer des problèmes très difficiles à surmonter.

Pensez-vous que votre branche recrute ?

Oh oui ! Il y aura toujours besoin d’infirmières ! C’est moins évident dans les ESJ et les Plannings familiaux, mais en tant qu’infirmière il sera toujours possible de trouver du travail.

Avez-vous des regrets ?

Oui, celui de ne pas être partie en mission humanitaire en Colombie quand j’étais plus jeune.

Avez-vous un conseil à donner aux étudiants ?

Je constate surtout qu’en tant qu’infirmière on a la grande chance de pouvoir bouger et de toujours pouvoir trouver quelque chose qui nous plaît quelque part. C’est un métier qui peut être très difficile, mais qui est aussi très ouvert, qui offre beaucoup de possibilités très différentes (infirmière scolaire, mais aussi infirmière dans une urgence pédiatrique, etc.). Il y a une telle demande qu’on peut changer comme on veut. Mon conseil serait de ne pas avoir peur de bouger, de ne pas s’enfermer dans un métier qui ne nous plaît pas.

Propos recueillis par Alice C.

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Cette entrée a été publiée le 13 janvier 2013 par dans Parcours professionnel, et est taguée , , , , , , , .
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